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Cybersécurité Petite Enfance

Recommendations Par Eric Rousseau · 4 Décembre 2022 · Mis à jour le 31 octobre 2026 · 7 min de lecture
Routeur Wi-Fi blanc à trois antennes sur un fond jaune
En bref

Éteignez votre routeur Wi-Fi hors des heures de travail pour sécuriser vos données, réduire les coûts d’électricité et garder un réseau performant.

Éteindre le Wi-Fi du bureau quand personne ne l’utilise, le soir, la fin de semaine et pendant les vacances, apporte trois avantages concrets à un service de garde : un réseau qu’on ne peut pas attaquer de l’extérieur pendant les heures où personne ne surveille, une petite économie d’électricité, et un réseau plus propre au retour, sans appareils oubliés qui s’y accrochent. Ce n’est pas la mesure la plus importante de votre sécurité, mais c’est l’une des plus faciles, et elle oblige à se poser la bonne question : qu’est-ce qui tourne dans mon bureau la nuit, et pourquoi?

Armoire de câblage réseau avec un enchevêtrement de câbles bleus et orange

Derrière le Wi-Fi, il y a tout votre réseau : ce qui est éteint la nuit ne peut pas être attaqué.

Avantage 1 : un réseau éteint ne se pirate pas

Un routeur Wi-Fi allumé en permanence est une porte ouverte sur la rue, 24 heures sur 24. Un voisin, une voiture stationnée devant le bâtiment ou un appareil infecté laissé dans le milieu peut tenter de s’y connecter à n’importe quelle heure. Le Centre canadien pour la cybersécurité rappelle dans ses Pratiques exemplaires en matière de cybersécurité pour les routeurs (ITSAP.80.019) que le mot de passe par défaut d’un routeur est connu des attaquants et qu’il faut le changer, activer le chiffrement WPA2 ou WPA3, tenir le micrologiciel à jour, désactiver la fonction WPS et créer un réseau invité pour les visiteurs et les objets connectés.

Le contexte justifie la prudence : selon l’Évaluation des cybermenaces nationales 2025-2026, les incidents de rançongiciel signalés au Centre ont augmenté en moyenne de 26 % par année depuis 2021. Et un rançongiciel qui entre un vendredi soir dans un réseau laissé allumé a toute la fin de semaine pour chiffrer vos fichiers avant que quelqu’un ne rallume un ordinateur lundi matin. Un réseau éteint lui coupe simplement la route.

Avantage 2 : quelques dollars d’électricité, et surtout une habitude

Soyons honnêtes : l’économie d’énergie est modeste. Faisons le calcul avec une hypothèse : un routeur et un point d’accès qui consomment ensemble 15 watts en continu représentent environ 131 kWh par année. Au tarif résidentiel D d’Hydro-Québec, soit 7,065 ¢ le kilowattheure pour la première tranche depuis le 1er avril 2026 (grille tarifaire 2026), cela fait un peu plus de 9 $ par année ; les éteindre 14 heures par jour et la fin de semaine en économise à peu près les deux tiers. Ce n’est pas ce qui sauvera votre budget. Mais le geste a une autre valeur : il ancre, dans la routine de fermeture, l’idée que les appareils numériques se gèrent comme les lumières et le chauffage. Celui qui éteint le routeur le soir pense aussi à verrouiller sa session, à ranger la tablette et à fermer l’ordinateur.

Avantage 3 : un réseau plus propre et plus rapide

Avec le temps, un réseau Wi-Fi de bureau accumule des appareils : le vieux téléphone d’une ancienne employée, un haut-parleur, le téléviseur de la salle de repos, un jouet connecté reçu en cadeau. Chacun garde sa connexion, cherche des mises à jour, bavarde avec des serveurs. Redémarrer le routeur chaque matin ferme ces connexions fantômes et vous donne une occasion naturelle de regarder, dans l’interface du routeur, la liste des appareils connectés. Un appareil que personne ne reconnaît mérite une question, et parfois un blocage.

Ce que ça ne règle pas

Éteindre le Wi-Fi la nuit ne protège pas contre un courriel d’hameçonnage ouvert à 10 h le matin, ni contre un mot de passe réutilisé, ni contre un logiciel jamais mis à jour. C’est un complément aux mesures de base, pas un remplacement. Si votre logiciel de gestion est hébergé en ligne, vos données ne sont pas dans le bureau de toute façon : c’est la sécurité de vos comptes (mot de passe unique, double authentification) qui compte le plus. Le Centre canadien pour la cybersécurité propose un bon point de départ pour prioriser dans ses Contrôles de cybersécurité de base pour les petites et moyennes organisations.

Un exemple concret dans une garderie

Imaginons une garderie de 40 places à Longueuil, dans un local au rez-de-chaussée d’un immeuble. Le routeur, installé il y a six ans, a encore son mot de passe d’usine inscrit sur l’étiquette, et le réseau reste allumé en permanence. Un locataire de l’immeuble, en cherchant un réseau gratuit, tombe dessus, trouve le mot de passe en ligne et s’en sert pour télécharger des films ; en passant, il voit l’imprimante réseau et le disque de sauvegarde partagé de la garderie, accessibles sans mot de passe. Rien de malveillant cette fois, mais tout était là. Dans la version corrigée, la directrice a changé le mot de passe du routeur, activé WPA3, créé un réseau invité pour les tablettes, et branché le routeur sur une minuterie qui le coupe de 19 h à 6 h et toute la fin de semaine. Coût total : une minuterie à une vingtaine de dollars et une heure de travail.

Ce que ça change pour votre service de garde

  1. Changez le mot de passe par défaut du routeur et du réseau Wi-Fi. Phrase de passe d’au moins 4 mots, différente de tout autre mot de passe du milieu. Vingt minutes, sans frais. C’est la mesure numéro un du Centre canadien pour la cybersécurité.
  2. Activez WPA3 (ou WPA2 au minimum) et désactivez WPS. Dans l’interface du routeur, dix minutes. Si votre routeur ne propose pas WPA2, il est temps de le remplacer ; un bon routeur de petit bureau coûte généralement entre 100 et 300 $.
  3. Mettez le micrologiciel à jour et activez la mise à jour automatique. Dix minutes, puis plus rien à faire. Un routeur jamais mis à jour accumule des failles connues de tous.
  4. Créez un réseau invité pour les tablettes, les parents et les objets connectés. Les ordinateurs de l’administration restent sur le réseau principal ; tout le reste va sur le réseau invité, qui ne voit ni l’imprimante ni les fichiers partagés. Trente minutes.
  5. Installez une minuterie ou programmez l’extinction. Beaucoup de routeurs permettent de couper le Wi-Fi selon un horaire ; sinon, une minuterie de prise à 15 ou 25 $ fait le travail. Programmez l’arrêt du soir et de la fin de semaine, et une plage plus large pendant les vacances.
  6. Regardez la liste des appareils connectés une fois par mois. Cinq minutes dans l’interface du routeur. Tout appareil inconnu est bloqué, et le mot de passe du Wi-Fi est changé si vous soupçonnez qu’il circule.
  7. Ajoutez le routeur à la liste de fermeture. Dans la même routine que les lumières, les portes et l’alarme : session verrouillée, ordinateur éteint, routeur coupé. Une ligne de plus sur la liste affichée dans le bureau.

Sources

Foire aux questions

Pourquoi devrais-je éteindre le Wi-Fi de mon service de garde la nuit ?

Cela réduit les risques que des cybercriminels accèdent à vos données confidentielles ou lancent des attaques malveillantes pendant que le bureau est fermé.

Est-ce que laisser le Wi-Fi allumé coûte vraiment plus cher ?

Oui, laisser le routeur allumé en permanence s’accumule au fil du temps et a un impact sur vos factures d’énergie, même si cela semble peu à première vue.

Comment améliorer les performances du réseau de mon CPE ?

En coupant le Wi-Fi lorsqu’il n’est pas utilisé, vous évitez les ralentissements causés par les connexions inactives et assurez une vitesse optimale pendant les heures de bureau.

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